Cahiers de Yoga7 N°11

Cahiers de Yoga7 N°11

Récemment, j’ai assisté à une conférence de Rosette Poletti, dont le titre était : « Se désencombrer ». Il y était question de se débarrasser de choses matérielles amassées et de ne pas en acquérir de nouvelles parfaitement inutiles, mais aussi de terminer des situations inachevées, de lâcher prise de ressentiments, d’abandonner de vieilles peurs, de revisiter nos croyances. Chaque fois qu’elle revient d’un pays pauvre où ceux qui n’ont rien arborent des sourires joyeux, elle nous dit être frappée, ici, par l’air renfrogné et morne des gens qui, pourtant, ont largement plus que le strict nécessaire, voire vivent dans l’abondance.
Elle préconise de mieux savoir ce qui est vraiment important pour nous, de devenir plus conscient, d’améliorer la qualité de notre regard sur ceux qui nous entourent et sur ce qui vient à nous, de témoigner de notre gratitude pour cette vie qui nous est donnée.
Il ne s’agit pas, me semble-t-il, d’étouffer ce désir qui est notre ressort et nous pousse à avancer dans la vie, mais bien d’en changer l’orientation en privilégiant
« l’être » plutôt que « le faire », et en nous tournant vers notre richesse intérieure plutôt que vers des biens matériels.

«L’insensé se croise les mains
Et vit de sa propre substance
Mieux vaut une poignée
de bonheur calme
que les deux mains pleines
de labeur et de vains soucis (1)»

Soyons cet insensé, et arrêtons-nous souvent pour nous asseoir en nous-même. Alors, peut-être, pourrons-nous rejoindre en nous cette force essentielle, ce «noyau infracassable» (2) qui nous permet d’aller de l’avant et de vivre intensément, dans l’ouverture du coeur et dans la joie.

Nicole Eraers

(1) L’Ecclésiaste, Un temps pour tout, VII, p.24, Ed.Arléa, 1995, France
(2) Terme utilisé par Christiane Singer

 

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