Cahiers du Yoga N°9

Cahiers du Yoga N°9

Récemment, une amie sur le point de fêter ses 40 ans, s’est exclamée : « C’est incroyable comme le temps passe ! ». Et je m’entends lui répondre : « Le temps est immobile, c’est nous qui passons ! ». C’est exactement ce que sa réflexion m’avait fait ressentir de façon très intense à ce moment-là. Ou plutôt, c’était comme si, tout à coup, le temps n’existait plus pour moi et que je traversais l’infini, l’éternité. Sentiment de profonde jubilation, légèrement teintée d’une angoisse diffuse… Je me suis alors interrogée : n’est-ce pas cette angoisse, sans doute présente chez tout être humain, que nous essayons de fuir dans l’hyperactivité et le matérialisme, laissant ainsi notre vie filer à vive allure ?
« Ô temps, suspends ton vol !… L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ; il coule, et nous passons ». Nous n’avons aucune prise sur le temps, il nous échappe. Les moments d’attente nous semblent interminables (nous aimerions qu’ils s’accélèrent), ceux de bonheur sont trop courts (nous voudrions qu’ils  ralentissent)… La question est de savoir comment nous choisissons de traverser notre vie.
« Carpe diem » : cueille le jour, savoure le présent. Prendre le temps de vivre pleinement ici et maintenant, sans regretter hier ni craindre demain, sans vouloir autre chose que ce qui est. C’est ce que Patanjali appelle Santosha, le contentement, et C’est l’une des clés du bonheur. Avec une grande attention, cheminons sans hâte, à l’unisson du mouvement de la vie, dans le temps qui nous est imparti sur cette terre.

Nicole Eraers

 

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